EDICIUS par Michel
" EDICIUS "
1982
De la fenêtre vers les toits
Un beau pigeon reste pantois
De lui à moi il n'y a qu'un pas
Mais de ce pas je n'en veux pas.
<<T'as l'air bien pâle me dit l'oiseau
Et tout courbé s'en va ton dos
Plies toi encore et pour de bon
C'est un voyage qui n'est pas long.
De ta fenêtre vers les cieux
Tu as des milles et milles lieues
Mais vers la rue quatre balcons
Dessous la foule acclame ton nom>>.
Pour ce voyage quelques curieux
Tout en bas crient :<< c'est affreux .>>
Ce soir on oublie la bouteille
Y'a du spectacle gratuit on veille.
De la fenêtre vers la rue
Quatre balcons et rien de plus.
C'est un chemin tout droit tout sûr
Aucun détour et de l'air pur.
C'est une marée couleur de nuit
Des pifs aux cieux jusqu'a minuit
On pleure,on se frotte,on trifouille
Le pauvre,le pistil,la citrouille.
La soutane aboie:<< c'est un lâche>>!
Brandissant la croix,il s'arrache
Le coeur,et tout en vomissant,
Le cafard carresse l'enfant.
L'équilibriste ferme les yeux
Aux étoiles il fait son adieu
Il marche sans fil,la tête en bas
La foule s'écarte et se rabat.
La mère a repris son petit
Malheureux dans son ancien lit
Elle jette la clé de sa porte
Prie que jamais d'autre n'en sorte.
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